
Edito
PLUS DE SEVERITE POUR LES PEDOPHILES :
Article publié le 2007-08-22
L'enlèvement du petit Enis a plongé le pays tout entier dans l'inquiétude, puis le soulagement lorsqu'il a été retrouvé, et enfin, l'horreur lors de la découverte de la personnalité de son ravisseur pédophile multirécidiviste. Les récentes déclarations de Francis EVRARD qui revendique pas moins de 40 agressions sexuelles donnent le dégout et font froid dans le dos.
Les plus hauts responsables politiques, jamais en retard d'une émotion, ont réagi immédiatement. Etre en empathie totale avec les victimes est bien sûr totalement légitime.
Seulement, les citoyens français attendent autre chose du Président et du Gouvernement. C'est pourquoi je ne peux m'empêcher de poser quelques questions de bon sens : pourquoi après neuf lois sur la délinquance en 5 ans, le salut résulterait d'une nouvelle loi ? Pourquoi faut-il toujours attendre un drame, une catastrophe ou un événement horrible pour déclencher l'action des responsables publiques ? Pourquoi les 9 lois précédentes sur la délinquance n'ont-elles pas prévu le renforcement du suivi des délinquants sexuels, la création d'hôpitaux fermés pour les soigner et la castration chimique ? J'avoue ne plus croire en ces effets d'annonce qui ont pour seul objectif de répondre à l'émotion mais qui n'apportent jamais de solution aux problèmes les plus graves.
Il est temps de dire que la France ne souffre pas d'une absence de textes répressifs mais au contraire d'une inflation législative sans précédent.
Avant d'envisager de nouvelles lois, il serait plus pertinent de veiller à l'application des textes en vigueur. Si on ne veut plus de prédateurs comme Francis EVRARD en liberté, il faut donner des moyens supplémentaires à la police et à la justice pour faire appliquer les lois existantes, pour traiter les délinquants sexuels.
Il faut des moyens pour la psychiatrie, des moyens pour encadrer les criminels, bref de l'argent qui permette d'être efficace là où cela est nécessaire, c'est-à-dire sur le terrain.
Les françaises et les français attendent des responsables politiques une appréhension juste des problèmes de société, une capacité d'anticiper des solutions et, enfin, une volonté de les mettre en œuvre sur le terrain dans un délai restreint.
Là se situe sans doute la rupture tant attendue. Moins de discours, moins de réaction enflammée mais plus d'actions et surtout plus de solutions débattues et réfléchies.
C'est la raison pour laquelle je propose d'arrêter de juger les responsables publiques sur leurs intentions, mais plutôt de les juger sur des réalisations concrètes.
Donnons rendez-vous à l'opinion dans un an pour voir ce qui aura réellement été mis en œuvre dans les faits et sur le terrain pour empêcher des pédophiles récidivistes de représenter un danger pour les enfants.
Après la sortie de crise, quel avenir pour l'Europe ?
Article publié le 2007-07-11
Le marathon de Bruxelles est un compromis qui permet de sortir de la crise européenne, rien de plus.
Grâce à la présidence allemande, laquelle a reçu le renfort de plusieurs chefs d'Etat et de Gouvernement notamment le chef d'Etat français, un cadre va être donné aux représentants des Etats pour élaborer un traité.
Les militants de l'Europe communautaire sont soulagés, même s'ils ont parfaitement conscience qu'on laisse la part trop belle aux eurosceptiques.
Je suis choqué que des Chefs d'Etat et de Gouvernement aient perdu leur temps à décider que le drapeau européen et l'hymne à la joie ne fassent plus partie de nos symboles communs, comme si le prix du compromis exigeait la disparition des symboles de l'Europe fédérale.
Bref, comme l'a dit Jacques DELORS, on a préféré le vague à la clarification.
J'ai la conviction que l'heure de la prise de conscience va bientôt sonner.
Nous ne pourrons faire avancer l'Europe avec ceux qui ne le veulent pas. Il faut que des pays comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Pologne prennent leurs responsabilités. Dedans ou dehors.
Il nous faut nous battre pour une véritable constitution à approuver lors d'un referendum européen avec double majorité, celle des peuples et celle des Etats.
Ceux qui auront dit Oui à l'approbation du texte pourront travailler à la construction d'une véritable Europe fédérale. Les autres se verront proposer des partenariats privilégiés.
Ce choix de la différenciation est la condition préalable pour avancer enfin sur la dimension économique et sociale de l'Union sans se limiter à la seule dimension monétaire.
D'autres sujets pourront aussi être abordés dans la clarté comme l'énergie ou l'environnement.
C'est le seul chemin possible pour ceux qui refusent comme l'a souligné Romano PRODI une Europe qui avance au rythme des moins engagés et des eurosceptiques.